Atelier « Le Québec : Quels enseignements ? » : compte-rendu

Rencontre avec l’Institut du Québec 

Animé par Mia HOMSY, 

Directrice Générale 

le mercredi 26 mai 2021 – Visio 

L’institut du Québec : 

L’Institut du Québec (IDQ) est un organisme sans but lucratif dont la mission consiste à: 

– Identifier les politiques et actions nécessaires pour améliorer la société québécoise en se basant sur des données probantes, des analyses rigoureuses et les meilleures pratiques ; 

– Contribuer activement au débat public pour aider le Québec à relever les défis sociaux, économiques et environnementaux auxquels il est confronté à court, moyen et long terme ; 

– Faciliter le dialogue en favorisant la participation aux discussions des entreprises, des pouvoirs publics, des syndicats, des instituts de recherche, du milieu universitaire et de l’ensemble de la société civile pour trouver les solutions les plus appropriées à la réalité québécoise. 

Fondé en 2014 dans le cadre d’un partenariat entre HEC Montréal et le Conference Board du Canada, l’IDQ est aujourd’hui autonome et gouverné par un conseil d’administration indépendant. 

Présentation de Mia : 

Mia Homsy est directrice générale de l’IDQ depuis sa fondation. 

Entre 2009 et 2012, elle a été conseillère politique et directrice de cabinet adjointe au ministère des Finances du Québec, puis conseillère économique principale du chef de l’opposition officielle en 2012 et 2013. 

En 2018, Mia Homsy a été nommée vice-présidente du Conseil consultatif sur la mise en oeuvre d’un régime national d’assurance-médicaments par le gouvernement du Canada. 

Diplômée en études internationales de l’Université de Montréal et détentrice d’une maîtrise en gestion internationale de HEC Montréal, Mia Homsy intervient régulièrement dans les médias pour commenter les enjeux économiques et budgétaires.. 

Les attentes de notre réunion : 

Fabien Robert présente en quelques mots notre « collectif », ses ambitions et présente nos attentes. 

Outre la connaissance de l’institut du Québec (cf plus haut), une attente particulière est formulée concernant 2 sujets : 

– l’aéronautique (filière d’excellence au Québec) 

– la Formation/Education 

Les constats : 

L’institut est un groupe de recherche sur les enjeux sociaux et économique. Il a vocation à favoriser les liens entre bien-être économique et bien-être social pour un mieux-être collectif. Dans ce cadre, Mia nous a présenté synthétiquement les causes structurelles et conjoncturelles qui amènent la société québécoise à se renouveler en matière d’emploi et de formation : 

– Une pyramide des âges en as de pique 

https://statistique.quebec.ca/fr/produit/figure/pyramide-des-ages-en-2016-2026-2036-2046-2056-2066-scenario-reference-a

La situation démographique entraine plusieurs difficultés pour le Québec : 

 Préservation du modèle social ; 

 Plus assez de jeunes pour remplacer les départs à la retraite. Mia parle de « pénurie de main d’oeuvre » ; 

 Appel à une immigration du travail qualifiée « nous avons besoin de talents, nous en prendrons soin ». 

– La situation COVID : Mia nous indique les changements irréversibles révélés par la situation sanitaire. 

 L’accélération numérique entrainant un besoin de formation pour « adapter » l’offre de main d’oeuvre » à la demande. 

 Une refonte complète des politiques de développement économique, un « nouveau paradigme », qui s’appuie sur l’innovation et la formation. 

Nous l’avons compris la société québécoise ne pourra maintenir son niveau de vie qu’à la condition de s’adapter à ses contraintes en les transformant en opportunité et en positionnant les centres de décision au plus près des territoires. 

Une détection des nouveaux métiers avec des formations ad hoc devient dès lors impérative. 

Enfin, la répartition des rôles entre la province et l’état central a connu un déséquilibre avec la situation sanitaire en raison de la multiplication des aides d’urgence créée par Ottawa. 

L’aéronautique : 

La pénurie de main d’oeuvre oblige le Québec à orienter les priorités d’emploi vers les filières d’excellence stratégique créatrice de valeur par l’innovation. 

Il est intéressant de noter que le modèle de financement de la recherche et de l’innovation correspond peu ou prou à celui mis en place en France et en Europe : Aides directes et indirectes via subvention, avances remboursables et crédit d’impôt. 

En matière industrielle, c’est un effort commun qui est mené par l’Etat Fédéral et la province du Québec mais avec une forme d’autonomie de l’un par rapport à l’autre. Ainsi, l’Etat fédéral a plutôt privilégié de soutenir la filière automobile en matière d’emploi, d’investissement et de formation quand Québec a choisi l’aéronautique. 

Vieillissement et immigration : 

La question du vieillissement a été au coeur de nos échanges : Maintien du modèle social, emploi… sont autant de motifs d’inquiétude. 

Extrait de la Préface de Kathleen Weil, Ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion de Québec du document « ENSEMBLE NOUS SOMMES LE QUEBEC, politique en matière d’immigration, de participation et d’inclusion » 

« Dans ce contexte de grands bouleversements, et alors que l’immigration est appelée à jouer un rôle crucial sur le plan du développement économique, culturel et social au cours des prochaines années, le Québec doit entreprendre des changements majeurs s’il veut se démarquer et tirer profit de cette évolution. » 

https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/immigration/publications-adm/politiques/PO_ensemble_quebec_MIDI.pdf

Un grand et ENORME MERCI à Gabriel de nous avoir mis en relation avec Mia. 

Un énorme et TRES GRAND MERCI à Pascal et son épouse de nous avoir si bien accueillis. 

Atelier « mobilités » : compte-rendu

« Comment vous déplacez-vous à Bordeaux Métropole ?

Contexte : la nouvelle majorité issue des élections municipales de juin 2020 a voulu mieux connaitre la problématique mobilité sur la métropole bordelaise. Comment se déplacent les habitants de la métropole ? A pied, à vélo, en transports en commun ou en voiture ? L’impact de la crise sanitaire ?

La question a été posée à l’IFOP qui a mené une étude sur un échantillon 1508 personnes de 18 ans et plus.

https://www.bordeaux-metropole.fr/Actualites/Deplacements-les-resultats-de-l-enquete-Ifop.

Restitution : L’étude est articulée autour de 3 grands thèmes et compare les résultats obtenus avec ceux des villes de la même strate, soit > 100.000 habitants :

– L’opinion sur l’action des pouvoirs publics en matière de mobilité.

– Les mobilités des habitants de la métropole : un avant et un après covid-19 ?

– Les motifs, freins et leviers d’utilisation des différentes mobilités.

Les constats :

– Approbation assez forte des politiques menées dans la continuité de la précédente majorité. Plus des 2/3 des sondés se déclarent satisfaits de ce qui est fait pour les piétons, le transport en commun, etc. Avec +11 pour le vélo par rapport aux autres villes, la ville est qualifiée de « cyclophile ».

– En revanche ils ne sont plus que 51% à apprécier la politique concernant la circulation automobile. Hors RN, plus on bascule à droite moins il y a de satisfaits (37% chez les LR, 50% Modem, 57% PS, 56 % EELV).

– 55% des sondés déclarent qu’il est facile de circuler (seulement 48% chez ceux qui sont motorisés) alors qu’ils sont 66% dans les autres villes. L’impression de ville embouteillée est confirmée.

– Fort consensus sur le vélo mais en même temps on constate à travers les différents résultats de l’étude que la voiture n’est pas disqualifiée. Les mesures tendant à la limiter plus fortement (baisse du nombre de places de stationnement, hausse des tarifs, interdiction du diesel en centre-ville) font l’objet d’une opposition très forte contre les fameuses politiques « punitives ».

Pour faire évoluer les usagers de la voiture vers d’autres mobilités, piéton et vélo, est avancé le sujet de la sécurité/sûreté dans toutes ses acceptions :

– Organiser des plans d’aménagement et de déplacements, – Sécurité des horaires,

– Sécurité des aménagements routiers,

– Sécurité des biens et des personnes,

– Lutte contre les incivilités – Parking sécurisés,

– Lutte contre les incivilités

– … Sans surprise l’adoption du vélo est plus forte dans la ville centre que dans les autres pôles. 1 bordelais sur 4 se déplace à vélo chaque jour soit près du double des autres secteurs métropolitains. Le pôle rive-droite est en retrait sur beaucoup d’item concernant le vélo (relief, franchissement, éloigné de l’emploi ?).Une politique complète de mobilité devra prendre en compte ce secteur avec toutes ses particularités. Enfin, nul ne sait aujourd’hui si la crise COVID va changer de manière pérenne les habitudes de déplacement. François Kraus annonce avec malice « il y a toujours un acquis, ce qui a été modifié par la crise sanitaire, il en restera quelque chose »

En conclusion des échanges

1- EELV aura du mal à appliquer une politique « sans voiture ». Il y a une « dichotomie entre la base, l’électorat bobo modéré de EELV, et le dogmatisme des élus. Nécessité de construire une proposition politique modérée dans le respect des choix de chacun et des territoires composants la métropole

2- L’étude montre un grand besoin de liberté quant aux choix de mobilités. Les contraintes punitives sont très clairement sanctionnées

3- Faire confiance à l’innovation :

a. Innovation technique : les bordelais semblent attachés à leurs autos il faut favoriser les voitures « propres ».

b. Innovation urbaine : nous évoquons en ouverture, peut-être d’une prochaine soirée, la quadrature du cercle de l’aménagement du territoire urbain, à savoir : garantir plus de mobilité pour plus de mixité sociale (Fabien Robert rappelle le tram qui a connecté les quartiers populaires au centre-ville) tout en privilégiant un modèle de croissance de la ville en quartier, la ville du ¼ d’heure, (tout à proximité, logement, emploi, commerce, service) qui ne garantit pas la mixité.